Exposition des dessins

de Gaspard Delachaux

du 5 septembre au 10 0ctobre 2026

Gare à vous ! Pour sa rentrée, l’Espace Richterbuxtorf vous invite à une exposition intrigante, voire monstrueuse. Réalisées à l’encre, au crayon ou dans la pierre, les « bestioles » de Gaspard Delachaux ne manqueront pas de vous envoûter. Une exposition fantastique, sinon fantasmagorique à venir découvrir dès le 5 septembre et jusqu’au 10 octobre 2026.

« Ce sont mes bestioles » se plaît à dire l’artiste vaudois, le sourire en coins. Sur le papier, des êtres hybrides : des pattes, une main, un bec, une corne, éventuellement un masque. De quoi s’agit-il ? Une espèce de rongeur ? Des animaux préhistoriques ? De quels mythes proviennent-ils ? Certains ont un visage, d’autres non.Dans la pierre, des formes similaires se croisent. « Façonner le minéral participe sans doute de mon goût pour les choses primaires, confie Gaspard Delachaux dans sa correspondance avec Florence Grivel. […] J’ai une satisfaction, avec un outil rudimentaire et un bloc de pierre très commune, de dégager ma poésie ».

Hybrides, ces créatures mélangent les règnes et les espèces. Mais à l’instar de la nature, les produits de l’imaginaire ont leurs structures, leur ordre, leur harmonie.  La nature occupe une place importante dans la vie de Gaspard Delachaux. Comme pour beaucoup, cette attirance remonte à l’enfance, l’artiste se rappelant ses visites au musée zoologique de Lausanne. Qui n’a jamais été impressionné par son grand requin blanc, son tigre de Sibérie, ou ses fossiles ? Et que dire de la « salle aux monstres » avec ses animaux difformes, dont le veau à deux têtes constitue peut-être un des exemples les plus énigmatiques ?

Les « bestioles » de Gaspard Delachaux sont la métaphore de la nature ambigüe de l’espèce humaine, une métaphore de son animalité, de sa bestialité. L’homme n’est-il qu’un loup pour l’homme ou existe-t-il l’espoir d’une réconciliation, sinon d’une cohabitation pacifique ? « J’essaie, explique l’artiste, de trouver un modus vivendi […] en présentant mes créatures qui ont une part inquiétante, mais qui surtout ont besoin de se faire aimer ».

« Je suis un raconteur d’histoire » souligne l’artiste. Depuis toujours, le monstre attire, dégoûte et fascine tout à la fois. Il se nourrit de l’imaginaire et le nourrit en retour. L’effroi provoqué par ces créatures renvoie aux peurs les plus primitives de l’homme. Il lui rappelle cette crainte enfantine d’un monstre tapi dans l’armoire, ou pire, caché sous le lit. Ces « bestioles » nous ramènent à l’enfance. Elles offrent un potentiel fictionnel infini. Et c’est là peut-être ce qui fait leur force : fantastiques, les “bestioles” de Gaspard Delachaux vivent dans l’imaginaire de celui qui les observe. Leurs histoires, leurs ambiguïtés n’existent que dans la rencontre avec le spectateur. Elles sont un appel à l’imagination.  

Vernissage le samedi 5 septembre dès 15 h en présence de l’artiste.
Soirée de relance le vendredi 18 septembre à 18 h avec l’harpiste de jazz Park Stickney

Vidéo

Galerie des oeuvres (non exhaustive)