Paysage fugitif, exposition des dessins à l’encre et au fusain de Martial Leiter du 10 janvier au 7 février 2026

Nous exposions Martial Leiter une première fois en 2015 : des drosophiles en majesté étaient alors à l’honneur.

Fenêtres sur paysages fugitifs

Onze ans plus tard, l’artiste nous présente un tout autre sujet. Il s’agit de paysages, de vues contemplées depuis les fenêtres d’un train : des décors bien réels, impossibles à saisir sur le motif et donc recomposés par l’artiste dans son atelier. Leiter se délecte de cette campagne ferroviaire peu spectaculaire qui se dérobe au regard. Une vue d’arrière-cour, l’envers des décors de cartes postales. Et comme si toute cette modestie ne suffisait pas, l’artiste du Val de Travers privilégie l’hiver, les surfaces de neige alternant avec le noir des forêts, des vues brumeuses, des espaces humides et froids.

Paysages en mouvement

Alliant encre de Chine et fusain, Martial Leiter représente forêts, campagnes, gares et montagnes comme une longue traversée dont nous serions les passagers. Le spectateur est marqué par l’extrême justesse avec laquelle l’artiste parvient à rendre la perception à grande vitesse. Chaque œuvre se fonde sur une tension palpable entre la fixité du paysage et le mouvement d’un regard qui le traverse à toute allure. Les paysages fuient. La touche dansante, estompée, nébuleuse, parfois à la limite de l’abstraction, participe à cette expérience particulière : les paysages se révèlent, puis déjà se dissipent dans le flou de la vision.

Cinéma cérébral

Le cadrage concourt lui aussi à la restitution de la vision éphémère : il correspond à la limite de ce que l’œil a le temps de percevoir. Au premier plan, les verticales, poteaux, barrières, troncs et sillons ponctuent la vision qui file à toute allure alors qu’au loin l’horizon s’étire calmement. Chaque œuvre est une fenêtre qui s’ouvre sur un paysage traversé et nous place en spectateur-passager. Leiter nous transporte au propre comme au figuré.

L’exposition se veut un voyage. Le travail de Martial Leiter nous invite à contempler, pendant plus d’un instant, la beauté de ces paysages autrement fugitifs.

En même temps que l’exposition va paraître Paysage fugitif aux éditions Les Cahiers dessinés. L’artiste fait une soirée dédicace à la galerie le 23 janvier entre 17h et 19h.